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Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir. Hébergé par Audiomeans. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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PARTIE 2 -EP187, autour de l'exposition de Stan Douglas, "Parallax" au Jeu de Paume

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Épisodes

PARTIE 2 -EP187, autour de l'exposition de Stan Douglas, "Parallax" au Jeu de Paume 01 Nov 2026

Parallax est le nom donné à l’exposition que le musée du Jeu de Paume à Paris consacre au plasticien, photographe et cinéaste canadien Stan Douglas. Un titre qui désigne le déplacement apparent d’un objet selon la position du spectateur et qui, métaphoriquement, fait de ce phénomène optique le rappel que les récits et les perceptions ne sont jamais stabilisés ni achevées. Cette idée est au cœur du travail de Stan Douglas, né en 1960 à Vancouver, où il continue de vivre et de travailler. Stan Douglas élabore des dispositifs complexes pour piéger les récits dominants, donner place aux histoire mineurs et mettre en crise tant les processus à travers lesquels nous produisons et regardons les images. A travers une trentaine d’œuvres permettant à la fois de saisir l’ampleur du travail de Stan Douglas et de ne pas surcharger et saturer une exposition fondée sur des œuvres dont la densité visuelle et réflexive exige du temps, le Jeu de Paume propose un parcours à la fois intelligent et lisible dans une œuvre dont la complexité et l’abstraction ne cède jamais à l’exercice de style, alors qu’il s’agit de créer des « images impossibles » dans lesquelles la technicité vient troubler la réalité. Le commissariat de cette exposition est signé Gloria Moure et Marta Ponsa. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP187, autour de la Biennale d'art contemporain de Lyon 01 Nov 2026

La dix-huitième biennale d’art contemporain de Lyon, dont la première édition date de 1991, a ouvert le 19 septembre dernier et vous pourrez en visiter les différents lieux jusqu’à la mi-décembre si vous passez par l’ancienne capitale des Gaules. Elle se déploie à la fois sur le site des « Grandes Locos », installé dans un ancien atelier SNCF, sur celui du Musée d’art contemporain mais aussi dans l’ancien Musée des tissus ainsi que dans quelques points de l’agglomération lyonnaise, en particulier l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne. Avec ses 120 artistes de 42 nationalités différentes exposés et ses milliers de visiteurs, la biennale de Lyon s’est imposée comme l’une des principales à se tenir dans le monde, même si on pourra s’interroger, dans la discussion, sur les possibles limites de ce modèle de la biennale d’art contemporain, qui se sont multipliées depuis deux décennies. Le titre de cette biennale est « Passer d’un rêve à l’autre », le thème structurant en est l’économie, la commissaire est l’australienne Catherine Nichols et la directrice artistique, Isabelle Bertolotti. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP187, autour de la Biennale d'art contemporain de Lyon et de la rétrospective Stan Douglas au Jeu de Paume 01 Nov 2026

« Passer d’un rêve à l’autre » en empruntant les traboules de la capitale des Gaules et en se rendant d’un ancien atelier SNCF à un musée des tissus aujourd’hui désaffecté puis découvrir le travail saisissant de précision d’un des plus grands plasticiens canadiens. « L’esprit critique » de ce jour se rend d’abord, en prenant le temps, à la biennale d’art contemporain de Lyon dont la commissaire est cette fois l’australienne Catherine Nichols, puis au Jeu de Paume qui consacre une exposition au travail de Stan Douglas, situé entre document et fiction, entre cinéma et photographie. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Magali Lesauvage, journaliste indépendante « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong, cette semaine par Corentin Dubois. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP186, autour du dernier opus de la trilogie de Carolina Bianchi, "Uma Luz Cordial" 25 Oct 2026

Uma Luz Cordial, « Une lumière cordiale » en français, est le dernier volet de la « Trilogie de Chiennes » de la metteuse en scène, écrivaine et performeuse brésilienne Carolina Bianchi. Il a été présenté cet été au Festival d’Avignon et, en cette rentrée, au Théâtre de l'Odéon - Théâtre de l'Europe à Paris, dans le cadre du Festival d'Automne. Dans le premier volet, « La mariée et bonne nuit Cendrillon », l’artiste racontait son viol sous GHB et s’endormait sur scène après avoir absorbé la drogue dite du violeur. Le second, intitulé Brotherhood, débutait sur son réveil puis cherchait à donner une place aux femmes dans une histoire abusivement masculine. Dans ce troisième et dernier chapitre, Carolina Bianchi se concentre sur les liens entre sexe et écriture, en convoquant plusieurs auteurs et autrices, au premier rang desquelles Emily Dickinson et surtout Hilda Hilst, poétesse brésilienne ayant notamment écrit le sulfureux Cahier rose de Lori Lamby dans lequel une narratrice de huit ans décrit le plaisir qu’elle prend aux relations tarifées avec des adultes. Le texte d’Uma Luz Cordial est publié aux Solitaires intempestifs. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP186, autour du spectacle "L'hors-présence" mis en scène par Tiphaine Raffier 25 Oct 2026

L’hors-présence ou chimères du pays de Morsan est le titre du nouveau spectacle de la metteuse en scène Tiphaine Raffier, créé au Festival d’Avignon et présenté récemment au théâtre des Amandiers à Nanterre, avant de tourner dans de nombreuses villes du pays. Sur scène, une maison d’un petit bourg visible à travers une baie vitrée, dans laquelle Laure, condamné par un cancer, est revenue vivre ses derniers jours, entourée de ses deux frères et de sa sœur, qui n’ont pas le même regard ni sur elle, ni sur la manière d’agir dans cette situation de fin de vie, souvent dérobée aux regards, et que Tiphaine Raffier veut ici à la fois mettre enscène et montrer en gros plan puisque le dispositif théâtral est ici redoublé par un agencement vidéo dont les zooms sur une main qui se crispe ou une trachée qui étouffe sous l’effet d’une fausse route est retransmis sur le toit de la maison à travers un large écran. Autour de Laure, chaque personnage - frères, sœur, amis, voisins, militants, personnel soignant - négocie son rapport à la fin de vie et à la promesse qui a été faite à Laure de l’aider à partir après que celle-ci a rédigé ses directives anticipées, établi un calendrier de son reste à vivre et même commandé deux urnes funéraires. Cela avant une seconde partie où, autour d’une mystérieuse boîte enterrée, le spectacle quitte la veine naturaliste qui le structure au départ pour partir dans des dimensions davantage mythologiques et philosophiques. L’Hors-présence sera prochainement visible à la Comédie de Saint-Etienne, puis à celle de Clermont-Ferrand et de Valence, avant de se rendre au TNP de Villeurbanne. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP186, autour de la mise en scène par Pauline Bayle du Mahabharata 25 Oct 2026

La metteuse en scène Pauline Bayle présente, au Théâtre public de Montreuil qu’elle dirige, sa version de l’épopée indienne du Mahabharata, texte fondateur issu d’une tradition orale fixée par écrit en sanskrit au Vème siècle avant notre ère. Composé d’environ 250 000 vers, soit 15 fois plus que l’Iliade que Pauline Bayle avait porté sur scène précédemment, le Mahabharata signifie « Grande histoire des Bhârata » et raconte l’histoire d’une guerre sur plusieurs générations entre deux branches d’une même famille, les Pandava et les Kaurava. Même pour un spectacle durant trois heures, la metteuse en scène a donc dû opérer des choix drastiques, pour présenter une version contemporaine de cette épopée, qu’elle a choisi de mettre en scène avec une distribution entièrement féminine, alors que l’histoire est d’abord celle de rois, de guerriers et de princes se disputant le pouvoir. Cette adaptation contemporaine de ce récit mythique datant de plus de 25 siècles parvient-elle à donner au public le sentiment que celui-ci à quelque chose à nous dire aujourd’hui, que ce soit sur la violence, la destruction du monde, la transmission ou la rupture entre générations ? Le Mahabharata de Pauline Bayle était pendant un mois au Théâtre Public de Montreuil, et part ensuite en tournée à Douai, Tourcoing, Lyon, Le Havre, Cherbourg, Tours, Châteauroux, Châtenay-Malabry et Tremblay. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP186, autour du « Mahabharata » signé Pauline Bayle ; de « L’hors- présence » de la metteuse en scène Tiphaine Raffier et du dernier opus de Carolina Bianchi, « Uma Luz Cordial ». 25 Oct 2026

Trois metteuses en scène pour trois spectacles intenses et denses, approchant ou dépassant les trois heures de représentation. L’adaptation contemporaine et féminisée d’une grande épopée de l’humanité ; un huis clos sur ce que la fin de vie produit dans une famille qui y est confrontée et la clôture d’une trilogie où l’on sera passé du viol à la vie sans rarement se départir de la violence. On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour la version contemporaine que la metteuse en scène Pauline Bayle propose du Mahabharata au Théâtre Public de Montreuil qu’elle dirige, le nouveau spectacle écrit et scénographié par Tiphaine Raffier, intitulé L’hors-présence ou chimères du pays de Morsan montré aux Amandiers à Nanterre et enfin Uma Luz Cordial de Carolina Bianchi qui vient clore sa « Trilogie des chiennes ». Avec : • Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». • Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriel Théâtre, Novo et Jeux. • Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb. « L’esprit critique » est enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong, en l’occurrence par Corentin Dubois. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP185, autour du roman de Douglas Stuart, "John, fils de John" (Globe) 18 Oct 2026

Nous avions évoqué dans un des premiers podcasts de « L’esprit critique » consacré à la littérature, en en disant beaucoup de bien, Shuggie Bain, le premier roman de Douglas Stuart, qui avait été récompensé par le Booker Prize en 2020 et prenait pour décor le Glasgow pauvre des années 1980 dans lequel se profilait l’ombre des politiques décrétées par la dame de fer, Margaret Thatcher. Douglas Stuart revient en cette rentrée avec un nouveau livre, également publié chez Globe et également traduit de l’anglais, et plus précisément de l’écossais, par Charles Bonnet, intitulé John, fils de John. Il y est, comme dans Shuggie Bain, question de la relation tumultueuse entre un parent et un enfant et d’une petite communauté où l’argent est aussi rare que les difficultés de la vie sont nombreuses. Mais le roman prend cette fois place non pas dans un quartier pauvre de Glasgow mais sur l’île de Harris, dans l’archipel des Hébrides extérieures située au nord-ouest de l’Ecosse. Une île qui ne vivait quasiment que de pêche et d’une petite activité textile avant que le tourisme et les résidences secondaires n’arrivent. Et une île où Dieu règne encore en maître, comme les hommes sur les femmes et les pères sur leurs enfants, dans le cadre d’une opposition existentielle entre les « îliens » et les « terriens ». « Elle avait les pieds violet foie de veau. Voilà ce que lui avait dit son père avant de raccrocher » : ainsi commence ce texte sur un de ces échanges entre le fils de John et son père qui, nous explique d’enbléé le narrateur « n’avait jamais été un grand bavard. Leurs coups de fil ressemblaient donc à un échange avec une hotline. » Le roman commence lorsque le fils de John, Cal, revient sur l’île après quatre ans à étudier à Édimbourg, sans un sou ni perspective d’emploi, mais en ayant la possibilité de vivre son homosexualité tenue secrète dans le milieu traditionnel dont il est issu. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP185, autour du roman de Yannick Haenel, "La solitude des professeurs est infinie" (Gallimard) 18 Oct 2026

« A bout de nerfs et trempé de sueur : ainsi commença ma vie de prof » écrit Yannick Haenel dans les premières pages de son nouveau livre dans lequel il revient sur son début de carrière comme enseignant de lettres dans différents établissements de la banlieue parisienne. Ce livre s’intitule La solitude des professeurs est infinie et est publié, comme les précédents, aux éditions Gallimard et se trouve sur la dernière liste retenue par le jury Goncourt. Après la description de sa première rentrée comme stagiaire et d’une année qui s’écoule jusqu’à une fête de fin d’année virant à la catastrophe, Yannick Haenel raconte dans un roman qui est d’abord un récit autobiographique (puisqu’il dit se reconnaître « dans la matière de ce roman dont j’ai vécu chaque détail ») à la fois sa vie amoureuse et ses neuf années de prof qui composent dans la mémoire du narrateur, « une séquence unique, opaque et continuelle, dont il m’est impossible de retrouver la chronologie. » Même si Yannick Haenel écrit que la phrase qui donne son titre à son nouveau roman était un mantra qu’il se récitait déjà, tout jeune enseignant et il y a plusieurs décennies, dans le RER le menant à son collège de banlieue, elle sonne différemment à nos oreilles depuis la décapitation de Samuel Paty et l’assassinat de Dominique Bernard à l’ombre desquels ce livre de Yannick Haenel est rédigé. « Pas de vagues », écrit-il en effet. Cette phrase transperce chaque année les salles de profs des collèges et des lycées en France ; elle continuera à les transpercer tant qu’un chef d’établissement étouffera sous le poids de la hiérarchie les problèmes qui affectent notre travail qui le rendent impossible et finalement nous tuent. C’est ainsi, des dizaines d’années plus tard, que Samuel Paty est mort : personne n’a voulu réagir quand on l’a menacé. » Mélange étrange entre le Cercle des Poètes disparus et les Territoires perdus de la République ou ode au métier d’enseignant ? Parabole politique ou récit avant tout personnel ? Quoi qu’il en soit, écrit Yannick Haenel : « J’avais besoin, j’ai toujours besoin de me croire dans un roman : si l’on ne conçoit pas sa vie comme une fiction, existe-t-on vraiment ? » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP185, autour du roman de Lucie Rico, "Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?" (POL) 18 Oct 2026

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? est le titre du nouveau roman de Lucie Rico, publié chez POL, comme ses deux précédents ouvrages, Le Chant du poulet sous vide et GPS. Comme l’autrice, la narratrice, Jennifer donc, est née à Perpignan, avant d’en partir pour Paris, où elle retranscrit des comptes rendus de plans de licenciements. « Trois ans après mon renvoi, j’avais trouvé ce travail, comme si la vie me proposait une répétition générale permanente » écrit Lucie Rico, dans ce texte au ton tragi-comique. Mais il s’avère que soudainement la touche « point » de son clavier refuse de répondre, rendant non seulement son métier impossible, mais annonçant un dysfonctionnement général et la nécessité de poursuivre des phrases et des mémoires laissées en suspens. Le problème de ce clavier qui avale les lettres n’est en effet pas une panne, mais un diagnostic de ce qui ne « s’achève plus » chez la narratrice. Pour se reconstituer elle-même, et reconstituer les souvenirs de mercredis passés chez son grand-père, celle-ci décide donc, poussé par un amant avocat, de suivre une procédure habituellement réservée aux affaires criminelles : reconstituer au plus proche – meubles, papier-peint, odeur - l’appartement de son grand-père pour savoir ce qui lui est vraiment arrivée lorsqu’elle était une enfant de huit ans. Il s’agit bien pour elle « d’habiter son enfance », ainsi qu’elle l’écrit à un moment du livre. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP185, autour des romans « Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? » de Lucie Rico ; « La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel et Douglas Stuart, « John, fils de John » signé Douglas Stuart 18 Oct 2026

Une reconstitution à la fois criminelle et individuelle prenant la forme d’une tragi-comédie ; un récit à haute teneur autobiographique sur ses années d’enseignants signé par un romancier chevronné et les fils d’histoires étouffantes qui se tissent dans une île de l’archipel des Hébrides occidentales située au large de l’Ecosse. On discute aujourd’hui dans « L’esprit critique » de l’ouvrage de Lucie Rico intitulé Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer que publient les éditions POL ; de La solitude des professeurs est infinie que fait paraître Yannick Haenel aux éditions Gallimard et enfin de John, fils de John, le nouveau roman de Douglas Stuart qui s’était fait remarquer avec son premier texte voilà cinq ans intitulé Shuggie Bain. Avec : • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique • Lise Wajeman, professeur de littérature qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré aujourd’hui par Etienne Bottini et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP184, autour du film "Primetime" de Lance Oppenheim 11 Oct 2026

Le tout jeune réalisateur étatsunien Lance Oppenheim, venu du documentaire, signe avec Primetime, son premier long-métrage de fiction, récemment acclamé au festival de Venise et sorti récemment sur nos écrans en France. Robert Pattinson y incarne Chris Hansen, un présentateur de la télévision américaine qui avait mis au point une émission de téléréalité diffusée sur la chaîne NBC, entre 2004 et 2007 et intitulée « To Catch a Predator ». Le principe était de piéger en ligne des prédateurs sexuels en leur donnant rendez-vous dans une maison bardée de caméras. L’homme tombait non sur un ou une mineure mais sur Chris Hansen qui lui faisait la morale en relisant la conversation qu’il avait eu sous pseudo. Au terme de cette confrontation, la police arrêtait le suspect de façon spectaculaire en le plaquant au sol, voire en envoyant parfois des décharges électriques avec un Taser. L’émission avait finalement été arrêtée après qu’un homme traqué par les caméras de la télévision avait fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP184, autour du film "Digger" d'Alejandro González Iñárritu, 11 Oct 2026

Le cinéaste mexico-hollywoodien Alejandro González Iñárritu, réalisateur notamment de Birdman ou The Revenant signe un nouveau film intitulé Digger, terme forgé sur le verbe « creuser » ou « excaver » et qui se trouve être le prénom de Digger Rockwell, un magnat du pétrole incarné par un Tom Cruise à contre-emploi puisqu’il est ici méconnaissable en vieillard bedonnant intéressé surtout par sa chatte moribonde, et puisqu’il détruit le monde au lieu de le sauver comme à l’accoutumée. Le film commence lorsqu’un énième forage de la compagnie Rockwell provoque, au pôle Nord, le décrochage d’une gigantesque plaque de glace qui menace de submerger l’Europe. Une cellule de crise est constituée, avec le président des Etats-Unis à sa tête et Digger Rockwell en vis-à-vis, hésitant à atomiser le glacier ou à demander à l’Europe de prendre ses responsabilités. Fable sur les effets délétères des énergies fossiles et le cynisme trumpien, ce film qui sera l’une des dernières grandes productions de la Warner avant son absorption par la Paramount, lui-même affilié au trumpisme, est pour l’instant un échec critique et commercial quasiment inégalé dans l’histoire de la société hollywoodienne et dans la carrière de la star de Mission : Impossible. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP184, autour de la série "Camarades" diffusée sur Arte 11 Oct 2026

A propos de la mini-série Camarades, diffusée en cette rentrée par la chaîne franco-allemande Arte, le journal Le Monde décrit : « la résurrection de l’université de Vincennes dans toute son anarchique splendeur ». L’hebdomadaire Télérama y voit, lui, « une série pop et irrésistible sur l’utopie contestataire de l’université de Vincennes ». Ô surprise, Le Monde et Télérama sont également partenaires de la diffusion de cette série. Ces renvois d’ascenseur récurrents entre la chaîne franco-allemande et le groupe Le Monde suffisent-ils cependant à disqualifier cette série en la qualifiant de folklorique, dépolitisante voire macroniste, comme on a pu le lire ici ou là ? A force de vouloir tenir ensemble l’horizon de la déconstruction et la nécessité d’une forme de linéarité, et de chercher à mêler histoires d’amour, intrigues policières, citations philosophiques et moments politiques, la série Camarades verse-t-elle dans le gloubi-boulga ou rend elle compte adéquatement d’une réalité chaotique ? Les huit épisodes signés par les réalisateurs Benjamin Charbit et Dominique Baumard se situent pendant l’année 1969, quelques mois après l’ouverture du centre universitaire de Vincennes. Merloux nouvellement élu président de la fac, tente de répondre autant aux demandes ministérielles qu’à celles des innombrables groupes gauchistes, tandis que Claudine prostituée qui travaille dans les allées du bois, est chargée par Jacques, son amant policier, d’infiltrer la nouvelle institution Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP184, autour de la série "Camarades" et des films "Digger" et "Primetime" 11 Oct 2026

Une série produite par Arte qui veut faire revivre ce qu’a été l’université libre de Vincennes dans l’après mai-68 ; un film à gros budget en forme de farce et fable écologique dont le principal personnage est un Tom Cruise à contre-emploi métamorphosé en vieillard avide et un premier long-métrage de fiction revenant sur une émission emblématique de la télé-réalité poussée à bout dans ses logiques voyeuristes. On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » les huit épisodes de la série Camarades diffusée par Arte ; le blockbuster mal en point Digger signé Alejandro González Iñárritu et le premier ling métrage de fiction de Lance Oppenheim, Primetime. Avec : • Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï. • Raphaël Nieuwjaer qui écrit à la fois pour les Cahiers du Cinéma et la revue Études « L’esprit critique » est enregistré et réalisé comme chaque semaine par les équipes de Gong et, en l’occurrence, par Etienne Bottini. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP183, autour de l'expositon "Patrimoines en résistance" à la Cité de l'architecture 04 Oct 2026

Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa est le titre de l’exposition qui a ouvert au printemps dernier et demeure visible jusqu’au début de l’année prochaine à la Cité de l’Architecture situé place du Trocadéro à Paris. Elle propose une réflexion sur les dommages causés, le plus souvent intentionnellement pendant les guerres et conflits au XXIe siècle, au patrimoine de populations concernées par ces violences : patrimoine qui n’est pas seulement monumental et matériel, mais aussi culturel et immatériel. L’exposition est structurée en trois séquences : effacer, résister et réparer. Elle mêle des œuvres d’artistes contemporains, des éléments cartographiques, des entretiens vidéo avec de nombreux acteurs et actrices de la préservation ou de la restauration du patrimoine, ainsi que plusieurs focus sur des sites martyre allant de l’Arménie à Gaza en passant par l’Ukraine, avec des films en forme de « doubles numériques » des sites abîmés, réalisés en 3D pour permettre de préserver la mémoire des lieux. Les visiteurs et visiteuses sont accueillies par deux œuvres monumentales : la première se déploie comme une frise dans le couloir qui mène aux salles. Il s’agit de l’œuvre « Panoramique de la falaise », réalisé par le plasticien français Pascal Convert qui montre les trous laissés par la destruction des bouddhas de Bâmiyân par le régime taliban en 2001. Puis, quand on entre, tout un mur est occupé par une série de photos de trousseau de clés. L’œuvre s’appelle « Au cas où », elle est datée de 2004 et signée de l’artiste gazaoui Taysir Batniji. Il s’agit des clés de maisons de Palestiniens du Nord de Gaza, qui ont dû fuir vers le centre et le Sud de Gaza depuis octobre 2023 et symbolisent leur espoir de retourner un jour chez eux. Quant au commissariat de ce parcours de ruines et de destructions, il est assuré par les universitaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, aidées d’Yves Uberlmann, architecte spécialisé dans le relevé numérique 3D. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP183, autour de la rétrospective Eva Gonzalès au Petit Palais 04 Oct 2026

Le Petit Palais présente une exposition monographique inédite consacrée à la peintre Eva Gonzalès né en 1847 à Paris et décédée en1883 dans cette même ville, à 36 ans seulement. Pensée en collaboration avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, la rétrospective est la première d’envergure à se tenir non seulement en France mais dans le monde, depuis celle organisée par sa famille deux ans après sa mort.Souvent réduite au fait qu’elle fut l’élève d’Edouard Manet, proche des impressionnistes sans appartenir au groupe, formée dans un style classique et domestique mais évoluant vers des couleurs et des thèmes plus acides, Eva Gonzalès est aujourd’hui redécouverte et mise en majesté, à travers près de 100 œuvres – peintures, pastels et gravures – et un parcours chronologique. Le commissariat général de cette exposition qui a ouvert mi-septembre et se tiendra jusqu’à la fin du mois de janvier 2027 est signé Annick Lemoine, présidente de l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et Stéphanie Cantarutti et Fleur Roos Rosa de Carvalho, respectivement conservatrices en chef au Petit Palais et au musée Van Gogh. Eva Gonzalès. Parcours d'une artiste libre, cela a ouvert au Petit Palais à la mi-septembre et il est possible de s’y rendre jusqu’à la fin du mois de janvier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP183, autour de la rétrospective Kerry James Marshall au MAM 04 Oct 2026

Le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une grande rétrospective, intitulée The Histories, au peintre africain-américain Kerry James Marshall, né à Birmingham en Alabama en 1955 et vivant aujourd’hui à Chicago. Peintre de tableaux de formats monumentaux, mais aussi dessinateur de BD et sculpteur, le travail de Kerry James Marshall se distingue par sa volonté de donner toute sa place aux sujets noirs - africains et africains-américains – ainsi qu’aux évènements qui ont marqué l’histoire étatsunienne d’un point de vue racial, tout en les faisant dialoguer avec l’histoire de l’art européenne et ses codes. Pour rendre compte de l’histoire et de la vie des Noirs, Kerry Jamaes Marshall utilise une large gamme de pigments – noir d’ivoire, de mars ou de carbone – qui lui permettent de faire apparaître ou disparaître, souligner ou troubler, les sujets dont il s’empare. « Je cherche à instaurer une présence phénoménale, indéniablement noire et belle », disait Kerry James Marshall voilà dix, dans une citation mise en exergue de cette exposition qui vient d’ouvrir et demeure visible jusqu’à la fin du mois de janvier prochain. Le commissariat de cette rétrospective, déjà présentée l’an dernier à la Royal Academy of Arts de Londres, est signé Mark Godfrey. Kerry James Marshall. The Histories vient d’ouvrir au Musée d’Art Moderne de Paris et ce sera visible jusqu’au 24 janvier 2027. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP183, autour des rétrospectives Kerry James Marshall et Eva Gonzalès et de l'exposition intitulée "Patrimoines en résistance" 04 Oct 2026

Une rétrospective en majesté d’un des grands peintres de l’histoire noire ; une redécouverte d’une artiste de la couleur et du pastel longtemps négligée ; et une plongée dans les patrimoines en périls et les moyens de les préserver, de Gaza à Odessa. On s’intéresse, dans « L’esprit critique » de ce jour, à l’exposition que le Musée d’Art Moderne de Paris consacre à l’artiste africain-américain Kerry James Marshall ; au parcours d’Eva Gonzalès montré en quasi-intégralité au Petit Palais à Paris pour la première fois depuis sa mort prématurée il y a presque un siècle et demi ; et enfin à la proposition de la Cité de l’Architecture intitulée : Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Magali Lesauvage, critique d'art « L’esprit critique » est un podcast enregistré par les équipes de Gong et réalisé aujourd’hui par Etienne Bottini. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP182, autour de "Mon Frère" de François Grémaud 27 Sep 2026

Sur une scène épurée et dans un cadre sans décor, deux hommes d’une petite cinquantaine d’année, habillés de la même façon et qui se ressemblent étrangement. L’un parle, l’autre pas. L’un s’appelle François, l’autre s’appelle Christian. L’un est metteur en scène, l’autre n’est pas comédien mais est néanmoins l’interprète, en langue des signes, de cette pièce écrite spécialement pour lui et en partie par lui. La pièce s’intitule Mon frère et est signé du metteur en scène François Grémaud qui explique que cette création est venue « d’un désir ancien, mais longtemps contenu : celui de donner la parole – la vraie, la pleine – à Christian », son frère sourd de naissance. Elle tisse trois histoires parallèles : celle de Christian, qui passe par des hauts et pas mal de bas ; celle de la langue des signes et celle, mise en abyme, de la création du spectacle. Après avoir été montré au Festival d’Avignon cet été, Mon Frère est visible en ce moment à au théâtre du Rond-Point à Paris avant une vaste tournée qui mènera les deux frères dans les prochains mois à Marseille, Neuchâtel, Besançon, Brest, Fribourg, Toulouse, Saint-Ouen, Malakoff, Bordeaux, Dunkerque ou encore Genève. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP182, autour de "Je meurs de ne pas mourir. (Les deux vies de Thérèse) " d'Aurélia Lüscher 27 Sep 2026

Je meurs de ne pas mourir (Les deux vies de Thérèse) est un seul en scène confié à la comédienne Estelle Meyer, mis en scène par Aurélia Lüscher et donné au Théâtre de la Bastille à Paris. Le texte, signé du dramaturge espagnol Paco Bezerra se fonde sur certains écrits de Thérèse d’Avila, sainte patronne espagnole ayant vécu au XVIe siècle et qui fut la première femme proclamée docteure de l’Église. Mais imagine que celle-ci, ressuscitée avant l’heure, récupère ses reliques dispersées aux quatre coins du monde, et se met à arpenter les marges de la société espagnole contemporaine. Alors qu’il devait être montré dans un des principaux théâtres de Madrid, il a été déprogrammé, officiellement pour des raisons budgétaires, mais sans doute aussi sous les pressions de l’extrême-droite choquée de la vision que donne le texte de Paco Bezerra de la sainte espagnole. Des lectures ont été organisées et un mouvement de soutien s'est déployé - de nombreuses personnalités du monde culturel espagnol dont Javier Bardem et Almodovar signant une lettre ouverte de soutien - mais le texte n'a encore jamais été programmé en Espagne. Ce qui ajoute à l’intérêt de pouvoir voir aujourd’hui cette pièce, traduite par Clarice Plasteig aux Solitaires Intempestifs en parallèle du travail d’Aurélia Lüscher et Estelle Meyer. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP182, autour du spectacle "The Other Place (After Antigone)" d'Alexander Zeldin 27 Sep 2026

Créée au National Thater de Londres, la pièce The Other Place (After Antigone) du metteur en scène britannique Alexander Zeldin est donnée en ce moment au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt dans le cadre du Festival d’Automne. Comme son titre l’indique, derrière l’histoire de ces deux sœurs, Annie et Issy, qui se retrouvent à l’occasion de l’anniversaire de la mort de leur père suicidé et autour de l’urne contenant ses cendres, se rejoue en réalité un conflit éternel, celui du mythe d’Antigone, fille d’Œdipe décidée à enterrer son frère contre l’avis de son oncle Créon, roi de Thèbes. Ici, l’oncle est prénommé Chris, il porte des baskets New Balance et souhaite disperser les cendres de son frère pour « aller de l’avant » maintenant que le temps a passé, que la maison familiale a été refaite avec une grande baie vitrée donnant sur le jardin et que l’urne n’y aurait plus sa place. Ce qui n’est pas du tout l’avis d’Annie, revenue après de longs mois d’absence et de longues années de silence. The Other Place (After Antigone) sera visible prochainement à Luxembourg et Genève. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP182, autour des spectacles "The Other Place (After Antigone)", "Je meurs de ne pas mourir" et "Mon Frère" 27 Sep 2026

Une réinterprétation du mythe d’Antigone ; une relecture jubilatoire et non conventionnelle des écrits et de la vie de Thérèse d’Avila, et une déclaration d’amour d’un entendant à un sourd. On évoque trois spectacles dans « L’esprit critique » de ce jour. D’abord The Other Place du metteur en scène britannique Alexander Zeldin actuellement représenté au Théâtre de la Ville / Sarah Bernhardt. Ensuite Je meurs de ne pas mourir de la metteuse en scène Aurélia Lüscher qui a été créée au Théâtre de la Bastille. Et enfin, Mon frère du metteur en scène François Grémaud, actuellement visible au Théâtre du Rond-Point avant une large tournée en France et en Suisse. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP181, autour du roman de Laura Kasischke, "Baignade surveillée" (Gallimard) 20 Sep 2026

Baignade surveillée est le titre du nouveau livre de la poétesse et romancière étatsunienne Laura Kasischke, autrice, parmi de nombreux textes, de La vie devant ses yeux, Rêves de garçons, A moi pour toujours ou encore Esprit d’hiver. L’ouvrage est publié aux éditions Gallimard dans une traduction de l’anglais-américain faite par Céline Leroy. Si la baignade est surveillée dans cette piscine d’un joli et paisible quartier de Los Angeles, cela n’empêche pas un enfant de cinq ans du nom de Richie Manning de s’y noyer. Nous sommes le 16 juillet 1969, le jour même où Apollo 11 décolle pour la lune depuis le centre spatial Kennedy en Floride. L’écriture de Laura Kasischke s’enroule alors autour de ces deux évènements, tissant des liens invisibles entre le ciel en train d’aspirer les astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins et celui, parfaitement bleu et trop ensoleillé, qui se reflète au-dessus de la piscine où pas à pas le petit garçon s’avance vers le grand bain sans que la belle maître nageuse ne le voit. « Ceux qui pardonnèrent à la maître-nageuse de ne pas avoir le petit garçon se noyer dans la piscine cet après-midi-là mirent cela sur le compte de l’étrange chaos du moment, écrit la romancière. Non seulement cela s’était passé en pleine semaine et en plein été, par une des journées les plus chaudes de la saison (le Jolly Rogers fit d’ailleurs son meilleur chiffre de l’année, peut-être le meilleur chiffre de ses quatre années d’existence), mais, de surcroît, ce matin-là, trois astronautes avaient quitté la Terre pour rejoindre la Lune. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP181, autour du texte d'Elisa Shua Dusapin, "Sauf la frontière" (Zoé) 20 Sep 2026

A seulement 33 ans, l’écrivaine franco-suisse Elisa Shua Dusapin, née en Dordogne d’un père français et d’une mère coréenne, a déjà publié plusieurs ouvrages remarqués et récompensés par de nombreux prix. Le premier, Hiver à Sokcho, prenait place dans cette ville située à la frontière de la Corée du Nord et a obtenu, dans sa version anglaise, le National Book Award. Le second, Les Billes du Pachinko, explorait l’exode de la communauté coréenne vers le Japon dans les années 1950. Le troisième, Le vieil incendie, en forme de tête-à-tête entre deux sœurs au moment de vider la maison familiale, a obtenu le prix Wepler. Pour son quatrième livre, intitulé Sauf la frontière et publié comme le précédent aux éditions Zoé, Elisa Shua Dusapin quitte l’Extrême-Orient pour le Proche-Orient et nous fait partager son périple partant du Liban, avant de s’installer en Jordanie et de faire un détour par la Palestine et Israël, dans cette région fracassée par les retombées du 7-Octobre 2023 et la violence à outrance déployée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou. A Amman, la narratrice apprend l’arabe, mais aussi des rudiments de plomberie en compagnie de Jordaniennes, et se rend à des groupes de paroles dans lesquels s’expriment notamment des réfugiés syriens, avant et après la chute de Bachar al-Assad. A l’un de ses interlocuteurs, elle répond : « je travaille avec l’énergie de la conviction, du doute, et tant de questions : comment protéger l’identité de ceux qui m’ont fait confiance, préserver leur dignité sans atténuer leur parole ? Comment exprimer ce que dit la violence, sans ajouter à la violence du monde. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP181, autour du roman d'Anne Godard, "Nous aussi" (Actes-Sud) 20 Sep 2026

Nous aussi est le titre du troisième roman d’Anne Godard, après L’inconsolable il y a vingt ans et Une chance folle voilà dix ans. Il est publié aux éditions Actes Sud et a été retenu sur la première liste révélée par le jury du prix Goncourt. La professeure de littérature et d’écriture créative à l’université Sorbonne-Nouvelle y dresse un vertigineux et douloureux portrait de famille dans un milieu où l’aristocratie des manières et du vocabulaire le dispute au malaise des pratiques et des silences. Roman très personnel, mais écrit quasi entièrement au pronom impersonnel ; récit d’une expérience singulière mais inscrite dans le vécu partagé « d’enfants obéissants » mais pas sages pour autant ; description d’un monde parfait mais qui se trouble et déraille au fil des pages… Le nouveau texte d’Anne Godard s’inscrit explicitement, par son titre, dans une série de publications littéraires catalysées par le mouvement #MeToo, mais veut en renouveler les formes, en maniant autant le scalpel sociologique que l’introspection dans les trous de la mémoire individuelle et les lacunes du récit collectif. Le quatrième de couverture débute ainsi : « On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne. On trouve que c’est normal. C’est chez nous, c’est à nous, c’est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s’appartient. On ne sait pas comment dire je, on n’en a pas besoin, puisqu’on est nous. » Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP181, autour des romans d'Anne Godard, "Nous aussi", d'Elisa Shua Dusapin, "Sauf la frontière" et de Laura Kasischke, "Baignade Surveillée" 20 Sep 2026

Un roman personnel écrit au pronom impersonnel ; une trajectoire individuelle partie à la rencontre des bouleversements du Proche-Orient ; et la rencontre entre le destin tragique d’un petit enfant et l’épopée de la conquête de la Lune… On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour trois romans de la rentrée littéraire : Nous aussi troisième roman de l’écrivaine Anne Godard qui paraît aux éditions Actes-Sud et nous plonge dans une autre « Familia Grande ». Sauf la frontière de la jeune écrivaine franco-suisso-coréenne Elisa Shua Dusapin qui après avoir exploré différents territoires d’Extrême-Orient se rend cette fois au Moyen-Orient, du Liban à la Jordanie dans un livre publié chez Zoé. Et enfin Baignade surveillée, le nouveau livre de la poétesse et romancière étatsunienne Laura Kasischke publié aux éditions Gallimard. Avec : • Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama • Copélia Mainardi qui écrit notamment pour Libération. « L’esprit critique » est un podcast proposé par Joseph Confavreux pour Mediapart, enregistré et réalisé par Corentin Dubois et les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 4 -EP180, autour du documentaire "Les survivants du Che" de Christophe Réveille 13 Sep 2026

Réalisé par Christophe Réveille, Les survivants du Che raconte une histoire une histoire incroyable et très peu connue, celle de trois guérilleros ayant juré allégeance à Che Guevara et le suivant partout dans sa volonté d’exporter la révolution cubaine qui avait renversé le président Batista en 1959. Après avoir notamment tenté sans succès de soulever le Congo, le Che et ses hommes se retrouvent en Bolivie en 1967. Une partie de l’histoire est connue : le Che est capturé puis exécuté, et photographié sur son lit de mort, nourrissant un imaginaire encore prégnant aujourd’hui. Une autre l’est très peu : une partie de sa garde rapprochée parvient à s’échapper alors qu’ils sont poursuivis par des milliers d’hommes de l’armée bolivienne, parcourant près de 2 400 kilomètres en quelques mois pour rejoindre le Chili. Le documentaire nous donne à voir le témoignage de ses survivants, avec des images d’archives mais aussi un traitement graphique qui situe ce film à mi-chemin du documentaire classique et du film d’animation. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP 180 autour du documentaire "Hair, Paper, Water" de Nicolas Graux et Trương Minh Quý 13 Sep 2026

Hair, Paper, Water est le titre d’un film documentaire signé Nicolas Graux et Trương Minh Quý qui suit Cao ThịHậu, vieille dame issue d'une région rurale du Vietnam. Elle appartient à la communauté Rục, une minorité ethnique ayant vécu isolée dans des grottes jusqu'aux années 1950, avant d'être déplacée par le gouvernement dans des villages. Vivant avec ses petits-enfants, elle leur transmet la langue fragile des Rục et les savoirs traditionnels forgés dans les grottes où vivait sa communauté alors qu’elle se rend à Saigon pour la première fois afin d’aider sa fille qui vient d’accoucher. Le film a obtenu, en 2025, le Léopard d’or du festival de Locarno dans la compétition intitulée Cinéastes du présent. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP180, autour de "Spider-Man. Brand New Day", de Destin Daniel Cretton 13 Sep 2026

Autre film où des corps sont subitement habités par d’autres êtres, le blockbuster Spider-Man. Brand New Day, signé Destin Daniel Cretton avec les stars Tom Holland et Zendaya dans les rôles-titres. Dans ce nouvel opus de la franchise Marvel, Peter Parker doit apprendre à vivre sans sa tante May, tuée par le Bouffon vert dans l’opus précédent, mais aussi sans son meilleur ami, Ned Leeds et sans le grand amour de sa vie, MJ partis étudier au MIT, après qu’un sort a effacé de leur mémoire tout souvenir lié à la véritable identité de l’homme-araignée. Face à ces deuils, Peter Parker / Spider-Man consacre toute son énergie à aider la police new yorkaise à lutter contre les crimes, lorsque surgit une nouvelle menace sous la forme d’une puissance capable de prendre le contrôle des personnes qui se trouvent autour d’elles en passant allègrement d’un corps à un autre. Bien que cette nouvelle déclinaison de Spider-Man se situe dans une moindre inflation d’effets et de narration que le précédent opus, le film a dépassé tous les précédents au point de devenir le 3ème succès mondial de tous les temps en termes de box-office. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP 180, autour de "L'inconnue" d'Arthur Harari 13 Sep 2026

L’inconnue est le titre du nouveau long-métrage du cinéaste Arthur Harari, après Onoda. 10000 nuits dans la jungle sur l’histoire d’un soldat japonais égaré dans la jungle philippine ayant ignoré pendant 30 ans que son pays avait capitulé en 1945, et Diamant noir, polar réalisé dans le milieu des diamantaires d’Anvers, qui avait révélé Niels Schneider, qui joue, méconnaissable, dans ce nouveau film, aux côtés de Léa Seydoux. Arthur Harari est également scénariste, en particulier d’Anatomie d’une chute, le film signé Justine Triet, auréolé de la Palme d’or à Cannes et de l’Oscar du meilleur scénario. Montré en compétition à Cannes au printemps dernier, L’inconnue est aussi l’adaptation cinématographique d’une bande dessinée intitulé Le Cas David Zimmerman qu’Arthur Harari avait co-écrite avec son frère Lucas, dessinateur et auteur de BD. Dans le film qui montre dans ses premiers plans les tours jumelles de Bagnolet pour évoquer le thème du dédoublement et le travail de David Zimmerman, Niels Schneider est en effet un photographe qui passe ses journées à documenter les évolutions de la banlieue parisienne, à partir de photographies anciennes et des clichés prises par son propre père. Lors d’une fête, il croise une jeune femme avec laquelle il fait l’amour dans une cave, avant de se réveiller au petit matin dans le corps de cette inconnue nommée Eva. Commence alors une quête labyrinthique pour retrouver celle-ci, compliquée par la découverte qu’il n’est pas le seul à avoir ainsi changé de corps et qu’il comprend que le corps de David, SDF, est désormais habité par Malia, également arrachée à son identité après un ébat dans les buissons lors d’un concert. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP 180, autour de "L'inconnue" d'Arthur Harari, de "Spider-Man. Brand New Day" et des documentaires "Hair, Paper, Water" et "Les survivants du Che" 13 Sep 2026

Pour sa rentrée, « L’esprit critique » revient à la fois sur certains films de l’été et sur certaines sorties récentes. Il sera aujourd’hui question de corps habités par d’autres individus, tant dans un des films les plus déroutants du cinéma français récent, que dans le blockbuster de l’année voire de la décennie. Mais on fera aussi une incursion dans deux documentaires qui nous entraînent dans deux histoires fort éloignées de nos rivages : la communauté Rục, une minorité ethnique du Vietnam ayant longtemps vécu dans des grottes reculées et l’épopée de quelques camarades de Che Guevara dans la jungle bolivienne après l’exécution de ce dernier en 1967. On évoque en effet d’abord L’inconnue, le nouveau long-métrage d’Arthur Harari adapté de la BD qu’il avait co-signé avec son frère ; le nouvel opus de la saga Spider-Man avec Tom Holland et Zendaya dans les rôles titrres et deux documentaires sortis en salles cette semaine : Hair, Paper, Water, signé du belge Nicolas Graux et du vietnamien Trương Minh Quý et Les survivants du Che de Christophe Réveille. Avec : • Alice Leroy, qui écrit pour les Cahiers du Cinéma • Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements, et Emitaï. • Raphaël Nieujwaer qui écrit pour les Cahiers du Cinéma et la revue Études. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP179, autour de la rétrospective Brion Gysin, au Musée d'Art Moderne de Paris 28 Jun 2026

Le Musée d’Art Moderne de Paris présente la première rétrospective de l’œuvre de Brion Gysin dans un musée parisien et l’intitule « Le dernier musée », titre donné par l’artiste à une série d’œuvres réalisée à la fin de sa vie dans laquelle il représente graphiquement et photographiquement le Centre Pompidou qui est alors en train de surgir de terre sous ses fenêtres. Né en Grande-Bretagne en 1916, Brion Gysin fut à la fois peintre, poète, performeur, écrivain, photographe ; et les 140 œuvres réunies ici permettent d’aborder la dimension protéiforme de son travail. Associé à la Beat Generation, il est considéré comme l’inventeur de la technique du Cut-up – et un de ses cutters est même ici exposé comme un bijou - mais aussi de la Dreamachine considérée comme un geste pionnier de l’art optique. On passe ainsi de ce cylindre éclairé de l’intérieur qu’il faut regarder les yeux fermés pour élargir ses perceptions mentales à une calligraphie monumentale, intitulée Calligraffiti of Fire, un polyptique composé de dix tableaux et de plus de 16 mètres de long dont Gysin considérait qu’elle était « LA peinture de sa vie » L’exposition retrace ainsi le parcours éclaté tant artistiquement que géographiquement de Brion Gysin, marqué notamment par ses années passées au Maroc et à Paris, et le met en regard d’œuvres d’artistes dont il fut proche : William Burroughs, John Giorno, Keith Haring, Patti Smith ou Ramuntcho Matta... Le commissariat général de cette exposition qui a ouvert en avril et se termine en juillet est signé par le directeur du Musée d’Art Moderne de Paris, Fabrice Hergott, accompagné d’Olivier Weil, Juliette Theureau et Hélène Leroy. Brion Gysin. Le dernier musée, c’est visible au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au milieu du mois de juillet prochain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP179, autour de l'exposition "Cartes Imaginaires" à la BnF 28 Jun 2026

« Cartes imaginaires. Inventer des mondes » est le titre de l’exposition qui a ouvert à la Bibliothèque Nationale de France en mars dernier et demeure visible jusqu’à la fin du mois de juillet. Elle invite visiteurs et visiteuses à un voyage à la découverte des liens entre cartographie et imaginaire en s’intéressant aux cartes qui ne tracent pas les contours de terres connues mais donnent forme à des territoires imaginaires, que ceux-ci prolongent, détournent ou s’émancipent du monde réel. Le parcours se fait en quatre étapes. La première nous entraîne dans la cartographie des mondes inexplorés établie au Moyen Âge et à la Renaissance, dans un moment où connaissances et croyances s’entrecroisent et intègrent, aux frontières des mondes connus, des créatures chimériques et des terres incertaines, « là où sont les dragons », avec une volonté de combler les vides du réel. La seconde nous emmène dans les mondes légendaires qui situent sur le globe des lieux mythiques que l’on trouve dans des récits antiques et médiévaux issus de récits de voyage ou de textes religieux : Atlantide, Eldorado ou royaume du prêtre Jean. La troisième est consacrée aux mondes forgés par la littérature, où la fiction s’appuie sur des cartes imaginaires qui confèrent une consistance aux univers narratifs, de L’Île au trésor à Game of Thrones en passant par le monde de Narnia ou l’Utopie de Thomas More. La dernière, intitulée « Les mondes de la carte » fait dialoguer œuvres anciennes et œuvres d’artistes contemporains qui s’inspirent de la cartographie pour déconstruire le dispositif de représentation spatiale lui-même et mettre à jour tout ce qu’on peut y projeter. Le commissariat de cette exposition est signé Julie Garel-Grislin et Cristina Ion, conservatrices au département des Cartes et plans de la BnF. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP 179, autour de la rétrospective Hilma af-Klint au Grand Palais 28 Jun 2026

Hilma af-Klint. Les peintures du Temple (1906-1915) Et si l’abstraction en peinture n’avait pas commencé, comme on le dit souvent, en 1911, à Munich, lorsque Kandinsky trace au dos de son « Tableau avec cercle » cette phrase « le premier tableau abstrait », mais quelques années avant, à Stockholm ? La redécouverte de l’œuvre d’Hilma af Klint, née en 1862 et morte en 1944 perturbe la chronologie de l’art moderne avec une force décuplée par le fait que l’artiste avait choisi de garder ses œuvres abstraites cachées, en les faisant sceller pendant vingt ans après sa mort. Il a donc fallu attendre 1986, et l’exposition The Spiritual in Art à Los Angeles, pour que son œuvre soit enfin révélée au grand public. Son travail singulier est pour la première fois visible en majesté en France, au Grand Palais, qui expose son grand œuvre : le cycle des Peintures du Temple (1906‑1915), dont la série monumentale intitulée Dix Plus Grands. Formée à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm, Hilma af Klint a mené une double vie artistique : une pratique figurative conforme aux attentes de son époque et, dans le secret, une production avant-gardiste, nourrie par la théosophie et le spiritisme, explorant harmonie cosmique et forces invisibles qui s’exprime à travers des grandes compositions mêlant couleurs vives, motifs organiques, formes géométriques et symboles ésotériques. Le commissaire de la rétrospective Hilma af Klint, coproduite par le Centre Pompidou et le Grand Palais, qui a ouvert le 6 mai dernier et demeure visible jusqu’à la toute fin du mois d’août, est signé Pascal Rousseau, professeur à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP179, autour des rétrospectives Hilma af-Klint et Brion Gysin et de l'exposition "Cartes Imaginaires" 28 Jun 2026

Des œuvres scellées pendant 20 ans et qui obligent à reconsidérer complètement la chronologie habituelle de l’histoire de l’art et de l’abstraction en peinture ; un parcours dans la cartographie réelle des mondes imaginaires, inexplorés, fantasmées ou inventés ; et une trajectoire protéiforme allant de la technique du cut up à la fabrication de machines pour catalyser les rêves. On discute aujourd’hui, pour ce qui sera le dernier « Esprit critique » de la saison, de l’impressionnante rétrospective que le Grand Palais consacre à la peintre suédoise Hilma af-Klint ; de l’exposition minutieuse que la Bibliothèque nationale de France dédie aux cartes imaginaires depuis les temps médiévaux jusqu’aux jeux vidéos ; et enfin du parcours de l’artiste multiple de Brion Gysin tel qu’il est restitué par le Musée d’Art Moderne de Paris. Avec : • Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante • Rose Vidal, critique et autrice « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP178, autour de "Coming Soon" mis en scène et interprêté par Soraya Leila Emery 21 Jun 2026

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PARTIE 1 -EP178, autour de "Penthésilée" mis en scène par Michael Thalheimer à la Comédie française 21 Jun 2026

Sur une scène en pente, avec en fond comme une stèle de béton géante, une femme, buste droit, seins nus et bouche hébétée, tient dans ses bras un homme nu et ensanglanté dont le cadavre viendra bientôt rouler presque jusque sous les yeux des spectateurs et spectatrices assis·es au premier rang. Au Vieux-Colombier, salle de la Comédie-Française dont le site Richelieu est fermé pour travaux, la pièce Penthésilée, dans une version proposée par le metteur en scène allemand Michael Thalheimer, débute par son image finale. Affirmant ainsi immédiatement sa dimension tragique et l’issue inéluctable du combat qui oppose les deux amants et adversaires que sont Penthésilée, reine des Amazones, et Achille, le héros grec fils de Pélée. Dans la version classique du mythe antique, Penthésilée, lors de la guerre de Troie, accourt à l’aide du roi de la ville, Priam, combat Achille mais finit transpercée par son épée, au moment même où leurs regards se croisent et où Achille tombe amoureux d’elle. Dans la pièce du poète et dramaturge allemand Heinrich von Kleist, écrite en 1808, et ici proposée dans une traduction de Julien Gracq, Éros et Thanatos ont toujours partie liée, mais la situation est inversée puisque c’est Penthésilée qui finit par tuer Achille. Elle obéit ainsi à la loi de son peuple, qui lui interdit de tomber amoureuse et de se reproduire autrement qu’avec des guerriers vaincus, capturés et soumis auxquels les Amazones s’unissent lors de la fête des Roses, sans avoir le droit ni de les choisir ni de les aimer. Michael Thalheimer réduit la distribution de la pièce à trois personnages, Achille et Penthésilée et une femme qui incarne une sorte de chœur individuel synthétisant différents personnages de la pièce. Penthésilée, de Michael Thalheimer, avec Suliane Brahim, Sébastien Pouderoux et Clotilde de Bayser, est visible jusqu’au 10 juillet. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE EP-178, autour des specrtacles "Penthésilée" mis en scène par Michael Thalheimer, "Coming Soon" de Soraya Leila Emery 21 Jun 2026

Une pièce du début du XIXe siècle traduite par Julien Gracq qui raconte le combat amoureux et à mort de la reine des Amazones et d’un demi-héros grec et une chorégraphie qui cherche à émanciper le plaisir féminin en détournant les codes de la représentation des odalisques. On parle de deux spectacles dans « L’esprit critique » de ce jour : d’abord de Penthésilée mise en scène par Michael Thalheimer dans la salle du Vieux Colombier de la Comédie française ; ensuite de Coming Soon, chorégraphie créée et dansée par Soraya Leila Emery. Et on termine cette émission non pas avec un exercice critique traditionnel concernant une troisième pièce, mais avec des envies et des ouvertures proposés par chacun et chacune de nos trois titulaires des micros ce jour : Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi écouter le podcast « Le Beau Bizarre ». Vincent Bouquet qui écrit pour ScèneWeb. Callysta Croizer qui travaille pour Mouvement et Les Echos « L’esprit critique » est enregistré et réalisé par les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP177, autour de "La bagarre" de Lauren Groff 14 Jun 2026

Une jeune fille qui emmène en autobus son frère à l’esprit déficient pour le laisser dans une institution après la mort de leur mère afin de pouvoir poursuivre ses études ; une mère et ses enfants qui échappent à la violence du père mais pas forcément au vent qui la porte ; un couple formé depuis 25 ans que la femme hésite à défaire moins pour quitter l’homme que pour « frôler à nouveau un avenir radieux » ; un concours de plongeon ; des amies d’adolescence qui se sont parfois perdues de vue mais se retrouvent au chevet d’une amie commune mourante et se racontent la pire chose qu’elles aient faite de leur vie ; une dynastie de banquier dont le canard noir se refait une santé en retapant une cabane du domaine familial et croit rencontrer l’amour… On trouve tout cela, et encore beaucoup d’autres histoires, dans La bagarre, titre donné à un recueil de neuf nouvelles de l’écrivaine américaine Lauren Groff, autrice de roman remarqués, parmi lesquels Les Furies, Arcadia ou les Terres indomptées, mais également de deux précédents recueils de nouvelles regroupés sous les titres Fugues (Plon, 2009) et Floride (L’Olivier, 2019). La plupart des nouvelles de ce recueil ont été initialement publiés dans le New Yorker et sont traduites par Carine Chichereau aux éditions de l’Olivier, comme la plupart des textes de Lauren Groff. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP177, autour de "Works" de Vitaliano Trevisan 14 Jun 2026

Pendant près d’un quart de siècle, Vitaliano Trevisan né en 1960 et mort en 2022, a exercé un nombre infini de métiers dans une région industrieuse du nord-est de l’Italie, en Vénétie : fabricant de cages d’oiseaux, serveur dans une pizzeria, maçon, dessinateur de meubles, glacier, géomètre, magasinier mais aussi dealer dans la mesure où écrit-il, « aux gens qui se demandent ce que les acides ont à voir avec le travail, je dirais que, contrairement à ce qu’on croit, dealer est un travail de tous les points de vue. » Ces métiers le plus souvent manuels, déclarés ou non, la plupart précaires, Vitaliano Trevisan les a exercés sans avoir toujours le temps d’écrire, mais en se sachant écrivain, même s’il a dû attendre des décennies pour pouvoir se consacrer entièrement à l’écriture de livres, de pièces de théâtre et de scénarios. En 2016, il publie un ouvrage de plus de 700 pages, intitulé Works, qui rend compte de ses expériences de travail depuis son adolescence dans les années 1970 jusqu’au début des années 2000, en offrant un regard d’une précision littéraire et sociologique inédite sur un monde souvent négligé par les écrivains. Un livre au ton souvent imprécateurs contre les hypocrisies de la société qui l’entoure, au sujet de laquelle il écrit notamment : « Mais qu’est-ce que l’Italie, me suis-je pris à penser en me levant et en m’acheminant vers le Panthéon, sinon un conglomérat de lieux communs. Les prendre à coups de marteau, voilà une de mes tâches » ? C’est ce livre qui paraît aujourd’hui en français aux éditions Verdier, traduit par Christophe Mileschi et Martin Rueff, quatre ans après le décès de son auteur et une décennie après sa publication en Italie. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP177, autour de "La Légende" de Boualem Sansal 14 Jun 2026

C’est le livre qui a bouleversé le monde éditorial français, signé l’arrêt de mort d’une maison d’édition plus que centenaire et déclenché une fronde inédite d’auteurs et d’autrices venant d’horizons littéraires et politiques hétérogènes contre la mainmise croissante de Vincent Bolloré sur le champ culturel. On évoque La Légende, le dernier livre de Boualem Sansal que publient les éditons Grasset. Cet ouvrage raconte sa détention dans les geôles du régime algérien tout en réglant ses comptes avec son ancienne maison d’édition, Gallimard, mais aussi une bonne partie de la presse française, la France insoumise et plus généralement toutes celles et ceux qu’il juge complice de dérouler le tapis rouge à l’islamisation de la France et, à le lire, ils sont nombreux. A la fois journal d’un prisonnier, manifeste et commentaire politique, autoportrait d’un écrivain récemment reçu à l’Académie française mais s’imaginant entrer dans la légende pour s’assurer peut-être davantage une forme d’immortalité, La Légende est un texte étrange, hétéroclite et parfois confus, dont il faudrait pouvoir parler « en oubliant le bruit qui l’entoure » comme le disait l’article du Monde le chroniquant récemment. Mais il est néanmoins difficile d’oublier ce bruit, tant ce texte écrit en quarante jours surfe précisément sur le vacarme médiatique qu’a eu l’emprisonnement de l’écrivain, puis sa décision de quitter son éditeur historique pour rejoindre l’empire Bolloré et les sommes astronomiques que ce dernier était prêt à mettre pour obtenir cette prise de guerre. Un livre qui étonne moins par ses qualités littéraires que par l’absence de travail éditorial ayant entouré un texte qui regorge d’erreurs, et le gouffre entre ce qu’il est et ce qu’il prétend être, par exemple lorsque Sansal écrit qu’il se réjouit de rejoindre Grasset, « une grande maison qui compte tant d’auteurs fameux dont beaucoup sont mes amis, où j’ai trouvé ce que je venais de perdre : de l’amitié, de l’attention, de la confiance, de la correction, et même, chose rare, de la modestie. Chez son directeur, Olivier Nora, que je ne connaissais pas, j’ai trouvé les qualités humaines que ses auteurs lui reconnaissent sans restriction. Je me suis renseigné, quand même. Se tromper deux fois serait grave ». Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE -EP177, autour de "La Légende" de Boualem Sansal ; "Works" de Vitaliano Trevisan et "La bagarre" de Lauren Groff 14 Jun 2026

« L’esprit critique » discute de l’ouvrage qui a fait imploser l’édition française et une maison plus que centenaire ; d’un roman monstre sur le monde du travail dans la Vénétie industrieuse de la dernière partie du XXe siècle et d’un recueil de nouvelles américaines qui saisissent leurs personnages – le plus souvent des femmes – à un instant décisif de leurs trajectoires. On évoque en effet successivement La Légende, le livre écrit en quarante jours par Boualem Sansal après sa détention en Algérie et dont il n’aura échappé à personne qu’il est publié chez Grasset ; de Works signé Vitaliano Trevisan traduit en français par les éditions Verdier dix ans après sa parution initiale en Italie, et enfin de La bagarre, recueil de nouvelles de Lauren Groff qui est sorti aux éditions de l’Olivier. Avec : • Blandine Rinkel, écrivaine, musicienne et critique • Lise Wajeman, professeure de littérature comparée qui chronique l’actualité littéraire pour Mediapart. • Youness Bousenna, qui chronique l’actualité littéraire pour Télérama Cet « esprit critique » a été enregistré en public depuis Le Point Fort d’Aubervilliers, à l’occasion du festival de Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé aujourd’hui par Étienne Bottini et les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 1 -EP176, autour du film d'Antonin Baudry, "La Bataille de Gaulle. L'âge de fer" 07 Jun 2026

La Bataille de Gaulle. L’âge de fer est la première partie d’un film de près de cinq heures dont le second tronçon intitulé J’écris ton nom sortira au début du mois de juillet. Il est signé Antonin Baudry, ancien diplomate, auteur de la bande dessinée à succès Quai d’Orsay en 2013, puis du film de guerre sous-marine Le Chant du loup. Le réalisateur se concentre ici sur les deux premières années de la guerre, c’est-à-dire sur le moment où le « petit colonel » devient général à l’occasion de la débâcle des armées françaises devant les troupes hitlériennes, puis entend incarner la France et la Résistance depuis Londres, en dépit de son isolement, de l’hostilité des Américains et des réticences des Britanniques vis-à-vis de ce militaire dont le film raconte la légende tout en lui donnant, aussi, un aspect chaplinesque, jouant ainsi tout au long du film d’un contraste entre l’hagiographie et la pantomime. Avec un budget de près de 100 millions d’euros et produit par Pathé, une pelletée d’acteurs stars incarnant les grands noms de la Seconde Guerre mondiale, des moments de dialogue entre Churchill et de Gaulle et des scènes de batailles sur mer ou dans le désert, le diptyque entend être un grand film populaire, et prendre directement sa place au sein d’un certain patrimoine historique et cinématographique français. Tout en mettant sur un piédestal une figure pour laquelle les principes républicains et la vision de la France étaient totalement incompatibles avec le fait d’accepter, directement ou indirectement, le fascisme : ce qui n’est pas forcément inutile par les temps qui courent… Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP176, autour de "Bouchra", de Meriem Bennani et Orian Barki 07 Jun 2026

Bouchra est le titre d’un film d’animation signé Meriem Bennani et Orian Barki en forme d’autofiction, puisque Bouchra est, comme Meriem Bennani, une jeune femme vivant sa vie d’artiste et de lesbienne à New York, portant blouson de cuir et piercing. Mais Bouchra est représentée ici sous la forme d’une coyote aux grands yeux et aux dents acérées dans un monde peuplé d’animaux anthropomorphes : ours, béliers, girafes… Le film est construit comme une mise en abyme, puisque Bouchra travaille dans son studio à l’écriture d’un film dans lequel elle raconte sa vie amoureuse et son identité queer, vécue ouvertement à New York, mais encore niée au Maroc, dont elle est originaire, même si ses parents sont au courant depuis une décennie et si les échanges avec sa mère restée dans son pays d’origine – et les difficultés d’échanger avec elle sur ce sujet – scandent un film rythmé, dans tous les sens du terme. Ce film s’inscrit aussi dans cette tendance des films d’animation pour adulte, à l’instar de deux films présentés à Cannes, Jim Queen, dans lequel un virus étrange transforme tous les hommes gays en hétérosexuels, ou encore Le Vertige, projet animé de Quentin Dupieux. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP176, à propos de "Notre Salut" d'Emmanuel Marre 07 Jun 2026

Notre Salut a été une des révélations du Festival de Cannes (où nous n’étions pas), mais a été projeté dans quelques salles en avant-première la semaine dernière, avant une sortie prévue le 30 septembre. L’idée n’était ni de parler d’un film qu’il n’est pas encore possible de voir pour faire les malins, ni d’absolument vouloir évoquer un long métrage récompensé par le prix du scénario lors du Festival de Cannes. Mais Notre salut d’Emmanuel Marre nous intéressait tout particulièrement. D’abord parce qu’il s’inscrit dans un moment du cinéma obsédé par l’époque vichyste et la question de la résistance et de la collaboration. Le film d’Emmanuel Marre arrive en effet en écho au biopic sur de Gaulle, mais aussi au long métrage de Xavier Giannoli, Les Rayons et les Ombres, qui retraçait le parcours du collaborationniste Jean Luchaire exécuté à la Libération, et au nouveau film de László Nemes sur Jean Moulin, avec Gilles Lellouche dans le rôle-titre, qui était en compétition à Cannes et sortira en salles à l’automne. Ensuite parce qu’il s’inscrit dans ce moment avec une grammaire cinématographique qui percute de plein fouet le genre du film d’époque, avec une forme « d’anachronisme contrôlé », pour reprendre les termes de l’helléniste Nicole Loraux, et qu’il parvient peut-être ainsi à être autre chose qu’un film d’histoire dont on attendrait soit de la véracité, soit des leçons. Et ce même s’il est fondé sur une histoire bien réelle, en l’occurrence celle de l’arrière-grand-père du cinéaste, petit fonctionnaire de la collaboration ordinaire, ayant adhéré avec enthousiasme à la « révolution nationale » pétainiste, après avoir écrit un livre à compte d’auteur intitulé précisément Notre salut sur le choc qu’a été la défaite rapide des armées françaises face à celles d’Hitler. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

INTEGRALE EP-176, autour de "La Bataille de Gaulle" d'Antonin Baudriy ; "Notre Salut" d'Emmanuel Marre et "Bouchra" de Meriem Bennani et Orian Barki 07 Jun 2026

Aujourd’hui, « L’esprit critique » s’intéresse plus particulièrement à l’intérêt que le cinéma porte en ce moment à la période de Vichy et aux questions de résistance et de collaboration, avec deux films qu’en apparence tout oppose. D’un côté, La Bataille de Gaulle, signé Antonin Baudry, film à grand spectacle et gros budget sur le parcours de l’homme qui a emblématisé la résistance à Pétain depuis Londres. De l’autre, Notre salut, d’Emmanuel Marre, prix du scénario à Cannes, qui innove esthétiquement et politiquement pour retracer le parcours d’un petit fonctionnaire rallié à la « révolution nationale » et qui se trouve être l’arrière-grand-père du cinéaste. Pour terminer cette émission, on changera totalement de registre en évoquant un objet cinématographique peu identifié : une autofiction prenant la forme d’un film d’animation pour adultes. Il s’intitule Bouchra et est signé Meriem Bennani et Orian Barki. Avec : Occitane Lacurie, membre du comité de rédaction des revues de cinéma Débordements et Emitaï ; Salima Tenfiche, maîtresse de conférences en cinéma à l’université Sorbonne-Nouvelle ; Raphaël Nieuwjaer, qui écrit pour les Cahiers du cinéma et la revue Études. Cet « esprit critique » a été enregistré en public depuis Le Point Fort d’Aubervilliers, à l’occasion du festival de Mediapart. « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé aujourd’hui par Étienne Bottini et les équipes de Gong. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 3 -EP 175, autour de la nouvelle saison du Palais de Tokyo, "Normes Corps" 31 May 2026

La nouvelle saison du Palais de Tokyo, pour citer son directeur Guillaume Désanges « interroge positivement les notions de vulnérabilité, de fragilité, de handicap et d’écarts par rapport aux normes pour proposer des expériences artistiques qui bouleversent les idées reçues », et entend bousculer le validisme « ce système qui établit, par des critères physiques et psychologiques une hiérarchie entre les corps, entre ceux dits “normaux“ et ceux jugés “anormaux“ afin de restituer la « puissance subversive du handicap ». Pour cela, le Palais de Tokyo présente six expositions monographiques d’artistes qui explorent la fragilité, le handicap ou la différence regroupés sous le titre générique « Normes Corps ». Parmi ces derniers, on trouve les artistes français Pauline Curnier-Jardin et Benoît Piéron et les Britanniques Jesse Darling et Cathy de Monchaux, ainsi que deux sections plus petites consacrées l’une au travail sur les rampes d’accès de l’artiste américain Joseph Grigely, l’autre à celui de Cheryl Marie Wade, morte en 2013, figure tutélaire d’une scène d’artistes handicapés développée à Berkeley, en Californie, à la fin des années 1970, qui revient sur l’invention même du terme « crip », réappropriation positive du terme péjoratif « cripple », pour estropié. « Normes Corps » a ouvert au début du mois d’avril et demeure visible jusqu’au milieu du mois de septembre. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

PARTIE 2 -EP175, autour de la rétrospective Henry Taylor au Musée Picasso "Where Thoughts provoke" 31 May 2026

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PARTIE 1 -EP175, autour d'"Une hirondelle ne fait pas le printemps", d'Annette Messager, au Musée de la Chasse et de la Nature 31 May 2026

Le musée de la Chasse et de la Nature à Paris s’est fait une spécialité d’inviter des artistes contemporains à investir ses espaces pour dialoguer avec ses collections si particulières, faites d’animaux empaillés, de trophées et massacres, de fusils de toutes époques et de toute dimension, de crottes d’animaux divers, de peintures et de tentures. Celle qui est proposée depuis le 14 avril et jusqu’au 15 septembre par la plasticienne Annette Messager semble relever de l’évidence tant le motif de l’animal traverse l’ensemble de l’œuvre de la plasticienne née en 1943 à Berck-sur-Mer, connue pour un travail fait aussi bien de broderies, de sculptures, de dessins de photographies que d’installations composées à partir d’objets du quotidien, qui a été exposée dans les plus grandes institutions muséales de la planète, du Moma de New York au Centre Pompidou de Paris et a été lauréate du Lion d’or à la Biennale de Venise en 2005 Araignées en bronze ou en assemblage de soutien-gorge, peluches de lapins et d’oursons, mais aussi dessins « d’escargot-cocotte » ou petite sculpture noire de « cheval-chaussure » : le bestiaire d’Annette Messager est vaste et oscille entre le chimérique et l’onirique, entre le sexuel et le sensuel, entre l’humour et le tragique. Le commissariat de cette exposition intitulée « Une Hirondelle ne fait pas le printemps » est signée Colin Lemoire, historien d’art et écrivain. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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